Quand la violence à l’école devient un sujet d’étude

Ecole

L’école, comme l’éducation en général, a toujours eu pour but, entre autres, de canaliser, domestiquer, contrer la violence « naturelle », « pulsionnelle » des enfants et des adolescents.

Préoccupé par ce phénomène, le ministère de l’Education nationale organise des rencontres-débats regroupant des spécialistes, des experts, des enseignants et des parents d’élèves, pour examiner de « manière approfondie » le phénomène qui a pris de l’ampleur. Elles devront être sanctionnée par des textes de loi qui figureront parmi les moyens légaux que son département usera pour lutter contre ceux qui recourront à la violence comme moyen de traitement au sein ou en dehors des établissements scolaires.

Selon le ministère de tutelle, la violence scolaire n’est pas le produit de l’école où l’on éduque et où on apprend aux élèves les bons préceptes. Pour le premier responsable du secteur l’école est victime de cette violence, parce qu’elle « n’est pas un lieu clos » dans la société. Ce fléau constaté, de plus en plus, dans les établissements scolaires est le fait d’élèves, entre eux, d’enseignants vis-à-vis des élèves, d’enseignants entre eux, de l’administration vis-à-vis des élèves et des enseignants.

Des solutions adéquates

L’étude de ce phénomène de violence est prise en charge par le réseau des laboratoires de recherche, estimés à près de 1.000, qui œuvrent à la résolution de ce problème en vue de proposer des solutions adéquates.

Le ministre de l’Enseignement supérieur a, dans ce contexte, indiqué lors du séminaire maghrébin sur la violence scolaire qui a eu lieu en décembre dernier à Alger, que le phénomène de la violence en milieu scolaire est la résultante de la violence dans la société, partant du fait que l’école est partie intégrante de la société.

De son côté, le ministre de l’Education nationale, M. Boubekeur Benbouzid, a affirmé que l’étude globale du phénomène de la violence au sein des établissements éducatifs menée par son secteur depuis l’an 2000 révèle que le taux de violence était de 1% parmi le total des élèves à l’échelle nationale.

Il a indiqué que l’analyse des données recueillies par l’administration locale et les schémas de la gendarmerie et de la sûreté nationales, fait ressortir que le phénomène de la violence reste « statistiquement limité » et ne dépasse pas dans la majeure partie des cas 1% à l’exception du cycle moyen où les élèves vivent leur adolescence.

Le ministre a précisé que l’étude fait ressortir également que le phénomène de la violence « recule progressivement » grâce aux efforts déployés par le ministère. Pour le limiter un tant soi peu, M. Benbouzid a annoncé que son secteur envisageait, en coordination avec toutes les parties concernées, l’application d’un plan national pou une prise en charge du phénomène de la violence et fléaux en milieu scolaire.

Ce plan, ajoute le ministre, repose sur un encadrement juridique à travers la loi d’orientation sur l’éducation nationale dont certaines dispositions insistent l’obligation de respect de l’élève envers ses enseignants et tout le staff éducatif.

Le plan interdit le châtiment corporel et toute forme de violence de quelque partie que ce soit dans le but de renforcer la notion d’aide et de solidarité. Il comporte d’autre part, la propagation de certaines valeurs dont la citoyenneté, la promotion du sens civique, la lutte contre la déperdition et l’échec scolaires en réfléchissant à l’amélioration des conditions de scolarisation et du soutien éducatif et à l’implication des parents à la vie scolaire.

Le ministre a tenu à faire remarquer que le plan porte aussi sur le renforcement de l’encadrement préventif au sein de l’établissement éducatif, l’organisation de campagnes d’information et de sensibilisation et de conférences avec la coordination des secteurs concernés et la société civile. Par ailleurs, M. Benbouzid a ajouté que la violence scolaire « dépasse le cadre de l’école en raison de plusieurs facteurs liés à la situation socioéconomique et internationale ».

Sur les 40.000 cas de violence en 2010/2011, l’élève tantôt victime, tantôt auteur

Les causes de cette violence, a-t-il poursuivi, peuvent être d’ordre familial comme les conflits conjugaux, la dislocation familiale ou d’ordre psychologique du à l’échec scolaire et au manque d’espaces culturels outre la violence au sein de la société.

Sur cette question, Mme Latifa Remki, directrice de activités culturelles et sportives et de l’action sociale au ministère de l’Education nationale a indiqué que plus de 40.000 cas de violence soit un taux de 0,50 %, entre les élèves tous niveaux confondus ont été recensés en 2010/2011.

↪ « On compte :

40.043 cas de violence entre élèves tous niveaux scolaires confondus,
6.099 cas de violence à l’égard du personnel enseignant et administratif,
4.129 autres cas du personnel enseignant et administratif contre des élèves,
745 actes de violence entre personnels enseignants et administratifs qui ont été enregistrés durant l’année scolaire 2010/2011 à travers le territoire national », précise-t-elle.

Cet état des lieux se base, selon Mme Remki, sur une étude exhaustive sur l’évolution de la situation de la violence et de la consommation de la drogue en milieu scolaire portant sur la période de 2000 à 2011.

Pour ce qui est de la consommation d’alcool et de drogue en milieu scolaire la même responsable a signalé 132 cas recensés. L’étude suscitée fait ressortir que la violence est un fait réel, mais demeure dans des proportions restreintes.

L’élève est tantôt victime tantôt auteur de faits de violence et l’adulte [ enseignant ou agent administratif ] peut lui aussi se retrouver dans la situation de victime, selon cette étude.

Enfin, pour Mme Remki, quant la violence est plus ou moins bien gérée et contrôlée à l’intérieur, elle se déplace à l’extérieur, aux abords immédiats de l’établissement scolaire.

[via] Sarah Sofi, elmoudjahid.com

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